Personnes-ressources

Christian Giguère
Membre fondateur, président-directeur général du Centre de développement pour l’exercice de la citoyenneté (CDEC)

Marie Depelteau-Paquette
Commissaire de la circonscription Rosemont Sud de la Commission
scolaire de Montréal

Coordonnateur
Christian Saint-Pierre
Agent de développement à la FCSQ


En proposant à quelque 130 élèves de participer au Forum jeunesse, la FCSQ souhaitait s’enrichir de leur expérience, de leurs attentes et de leurs suggestions pour améliorer l’école. Leurs travaux se sont tenus simultanément à ceux des congressistes qui ont participé aux forums du congrès d'orientation.

Trois grands thèmes ont été explorés par les jeunes

  • Que représente l’école ?
  • Les secrets du succès à l’école
  • Une école version améliorée

Compte rendu des travaux

Première table ronde :
Que représente l'école pour toi ?

Premier énoncé : L'école est un passage obligé d'apprentissage et de construction de l'individu et de ses valeurs.

Pour les élèves, l'école est une microsociété où l'on apprend, on socialise et où l'on vit en collectivité. L'école est aussi un endroit où ils entreprennent la découverte de leur personnalité et développent leurs passions et leurs talents.

Deuxième énoncé : L'école est différente pour tous et doit tenir compte des différences et devrait s'abstenir de tout jugement.

L'école n'a pas la même importance dans la vie de chacun et les élèves ne l'abordent pas tous de la même façon. Les différentes perceptions et les différents besoins des élèves devraient être au cœur des préoccupations des directions d'établissement et l'école devrait s'adapter à leurs besoins et leur personnalité et non le contraire. L'école devrait faire la promotion du développement de la personne, de la tolérance et du respect envers ces mêmes différences.

Troisième énoncé : L'école doit se transformer afin de mieux orienter les élèves.

Cet énoncé pose un regard critique sur la pédagogie traditionnelle et propose des approches plus signifiantes afin de favoriser des apprentissages complets; une approche par projets conviendrait davantage. Un encadrement plus significatif, un rapport plus personnalisé avec les élèves, une amélioration de la qualité du matériel pédagogique ont également été soulevés dans ce point. La mission de l'école a aussi été au cœur des débats. Selon les congressistes, " l'école " aurait avantage à faire des élèves des humains heureux plutôt que des humains rentables. Un bon citoyen est quelqu'un qui se connaît et qui s'émancipe et non pas seulement un contribuable.


Deuxième table ronde :
Révèle-nous les secrets du succès à l'école

Premier énoncé : Le succès n'est pas seulement académique, mais bien personnel, humain et social, selon notre volonté et en lien avec des sources de motivation propre à notre personnalité.

Les participants ont ici insisté sur la trop grande importance accordée aux notes académiques dans la définition qu'a la société de la réussite scolaire. Selon leurs dires, il est d'abord plus important de s'épanouir que d'obtenir le meilleur résultat possible. L'implication dans le milieu de vie prend alors une grande importance, puisque les activités parascolaires, la vie et la politique étudiantes sont, pour les principaux intéressés, des sources importantes de succès. Chacun devrait, au sein de son école, pouvoir trouver sa source de motivation personnelle afin de stimuler SA réussite, et ce, en accord avec ses talents et ses aspirations. Toujours selon les participants, le succès à l'école passe aussi par une vie sociale épanouie et active. L'importance des amis et du sentiment d'appartenance a été soulignée à maintes reprises.

Deuxième énoncé : Le succès est influencé par l'enthousiasme, la motivation et la disponibilité des enseignants et des professionnels qui doivent œuvrer selon leurs champs de compétences.

Cette affirmation fait surtout référence au fait que certains enseignants n'enseignent pas les matières dans lesquelles ils sont spécialisés. Cette dénonciation est revenue à plusieurs reprises dans les discussions et selon les participants, le succès passe par une source d'apprentissage de première qualité. Un enseignant qui travaille dans ce qu'il maîtrise est plus susceptible d'offrir un meilleur enseignement et de faire preuve d'une plus grande motivation. Dans ce sens, les congressistes ont aussi insisté sur l'amélioration des conditions d'affectation de leurs professeurs. Une plus grande disponibilité des enseignants, des approches qui privilégient des interventions individualisées ou en petits groupes devraient être des indicateurs à tenir compte dans les projets de réussite. L'accessibilité à des ressources de soutien (conseillers en orientation, psychologues etc.) de qualité et une plus grande disponibilité sont aussi des facteurs essentiels au succès scolaire.

Troisième énoncé : Le succès tient d'une responsabilité partagée entre les enseignants, la famille et les élèves en se responsabilisant en tant qu'acteurs de la réussite.

Les jeunes affirment ici qu'ils sont les principaux responsables de leur réussite. Par contre, ils insistent sur l'importance de l'implication et de l'intérêt que portent les adultes de leur entourage à leur succès. Leur motivation à réussir se voit augmentée lorsqu'ils sentent l'appui des parents, des enseignants et des autres adultes qu'ils côtoient tous les jours. Une bonne communication et une coopération accrue entre eux et ces mêmes adultes s'avèrent aussi deux conditions essentielles à la réussite.

Quatrième énoncé : Pour réussir, les élèves doivent pouvoir utiliser les ressources de leur milieu de vie et trouver un équilibre à l'intérieur de celui-ci.

Les élèves se doivent d'être au courant des ressources disponibles dans leur milieu et de les utiliser lorsque nécessaire. Ces ressources se doivent d'être les plus diversifiées et les plus accessibles possibles, permettant aux jeunes de répondre à leurs besoins et d'établir leurs propres conditions de réussite.


Troisième table ronde :
Explique ce que pourrait être une école version améliorée

Premier énoncé : Une école version améliorée passe par une augmentation et une diversification des ressources offertes en lien avec les préoccupations actuelles.

Les jeunes ont des préoccupations au goût du jour. Sensibilisés à leur santé physique, ces derniers réclament une plus grande accessibilité aux installations sportives et aux équipements qui s'y rattachent. Ils demandent aussi une nourriture plus saine dans les cafétérias et les cantines des écoles. Dans cette veine, il a été suggéré d'augmenter le prix des aliments à éviter et de diminuer celui des aliments plus sains (fruits et légumes, produits laitiers etc.). La disparition de toutes les distributrices de friandises dans les écoles a aussi été suggérée.

Par la suite, une augmentation substantielle des intervenants professionnels (infirmières, psychologues, conseillers en orientation etc.) et de leur disponibilité est plus que nécessaire. Pour citer l'une des participantes " …t'es mieux d'être malade le mardi, sinon tant pis ! " parlant de la présence de l'infirmière de son école.

La qualité des ressources matérielles ainsi que de l'environnement physique est également un facteur important de la réussite. La diversification d'un matériel pédagogique de haut niveau, la disponibilité et la qualité des équipements sportifs, l'enrichissement des bibliothèques sont des éléments importants à considérer.

Deuxième énoncé : Une école améliorée est une école au climat plus humain, à l'enseignement personnalisé, à l'encadrement adéquat et aux programmes reflétant le besoin d'émancipation des élèves.

La taille des groupes permettant une intervention signifiante avec le professeur, un enseignement plus à l'écoute des besoins de chacun et un programme d'études plus diversifié sont des solutions apportées par les congressistes. Ils souhaitent des enseignants disposés à les écouter et à les guider dans leur réussite. Avec moins d'élèves à sa charge, un professeur a plus de temps à consacrer aux jeunes de façon individuelle.

Une augmentation des activités parascolaires et des cours à option s'avère également un besoin. Une offre accrue de cours d'éducation physique, d'arts, de politique et même d'économie familiale s'est retrouvée au cœur des préoccupations des participants. Ils ont aussi exprimé le souhait de voir davantage de programmes d'éducation internationale, de sports-études et d'arts-études être mis à leur disposition.

L'accent a aussi été mis sur le climat de compétition qui règne dans les écoles. Les participants ont déploré le souci de performance valorisée par le système de notes et de classification. C'est pourquoi ils réclament l'abolition du principe du rang cinquième servant à situer la réussite d'un élève par rapport à celle des membres de son groupe. L'élève devrait être évalué par un système adapté à sa propre progression, plutôt que par celui en place qui regroupe tous les élèves dans le même panier. Selon eux, cette pratique facilite les comparaisons et nuit à leur motivation.

Troisième énoncé : Une école améliorée est une école qui donne une place de choix à ceux qui la font vivre dans ses processus de consultation et de décision.

Les participants ont réclamé le droit d'être consultés par les différentes instances au sein du milieu de l'éducation. Pour ce faire, les jeunes ont suggéré la souveraineté des conseils d'élèves concernant certains domaines les touchant de très près. Ils désirent aussi voir leur influence être augmentée auprès des conseils d'établissement et conseils des commissaires.

Recommandation spéciale

Lors de la deuxième table ronde, le sujet de la motivation face au succès scolaire a soulevé les passions. Un congressiste s'est alors levé pour dénoncer l'effet du classement annuel des écoles secondaires publié chaque année dans L'actualité. La réaction de l'assemblée a été telle que nous avons pris la décision d'en faire une déclaration à part entière. Voici donc la motion spéciale déposée lors de la plénière de clôture du Congrès 2005.

Unanimement, nous, les jeunes, tenons à dénoncer l'effet pervers du palmarès des écoles du Québec tel que publié dans L'actualité, car c'est un élément de démotivation pour la grande majorité d'entre nous. Cette comparaison est malsaine car les différences entre les écoles sont trop grandes pour les insérer dans le même moule.