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Forum
6 – L’avenir de nos écoles
Personne-ressource : Paul Inchauspé
Professeur, chercheur et administrateur, il a également
été membre du Conseil supérieur de l’éducation,
du Groupe de travail ministériel sur les profils de
formation au primaire et au secondaire, du Groupe de travail
ministériel sur la réforme du curriculum d’études
du primaire et du secondaire et commissaire de la Commission
des États généraux sur l’éducation.
Il est maintenant consultant en éducation.
Coordonnatrice : Brigitte Roy
Conseillère en communications à la FCSQ


Contexte
et enjeux
L’école, telle que nous la connaissons aujourd’hui,
peut-elle répondre seule aux exigences de la réussite
des élèves et des citoyens de demain? La défavorisation,
la baisse marquée au plan démographique, les
transformations significatives de la vie en famille et de
la structure familiale ainsi que la fragilité des
finances publiques obligent à porter un regard nouveau
et critique sur le maintien de l’école actuelle.
Les signes évidents d’inégalité
sociale, les écarts qui se creusent entre les différents
milieux socioéconomiques, la pression croissante sur
la qualité de la formation concourent à engager
des réflexions significatives sur le rôle, le
statut et l’organisation de l’école.
Chez nous, l’école en transformation est née,
soit d’un besoin d’une école, soit d’un
besoin d’une communauté dont l’objectif
était de mieux soutenir ou relever plus adéquatement
des objectifs de réussite des individus, et ce, dans
une perspective d’entraide et de collaboration.
Des initiatives telles que la mise en place de bibliothèques
municipales-scolaires, l’ouverture de gymnases, de piscines,
d’auditoriums, de locaux à des organismes sans
but lucratif, le partage de services entre des écoles
et des CLSC, des friperies ou des sociétés d’histoire,
le partage de locaux entre commissions scolaires et municipalités
ainsi que la mise en réseau d’écoles éloignées
en région vont engager une approche de partage et de
collaboration. Le rôle de l’école au titre
de communauté d’apprentissage, d’organisation
apprenante, d’école en réseau, est un
signe évident d’évolution et de recherche
de solution percutante et efficace.
L’école communautaire prend tout son sens lorsque
l’on croit, collectivement, que la réussite des
élèves est largement influencée ou tributaire
des conditions de vie de la famille, des besoins des élèves,
de la situation sociale, culturelle et économique de
la communauté. La qualité des services éducatifs
associée à une gamme élargie de services
destinés au développement direct et indirect
de l’élève et de la famille sont à
la base du concept d’école communautaire. C’est
par solidarité avec les besoins des élèves,
de leur famille et de la communauté qu’un partenariat
école-communauté prend tout son sens, et ce,
dans le partage des expertises, des ressources et des moyens
des divers partenaires associés. Le concept relève
donc du principe que l’on peut faire plus lorsque l’on
travaille ensemble.
Les écoles communautaires devront donc être
diversifiées, adaptées aux besoins réels,
soucieuses de la capacité de leur communauté
et de l’expertise de cette dernière. L’école
sera tantôt de type coopératif au sens où
l’on mettra en commun des services sans rien changer
à la mission respective des organismes
partenaires. Elle sera de type multiservice où tous
les services destinés aux élèves, aux
familles, à la communauté seront accessibles
à partir de l’école ou elle sera de type
intégré au sens d’une mise en commun complète
des services.
Les principaux enjeux liés à cette nouvelle
orientation de l’école militent en faveur d’une
équité plus grande dans l’accès
à des ressources, la complémentarité
des intentions d’action, une responsabilité accrue
de l’école dans le développement éducatif
et d’éducation à la citoyenneté,
le sentiment d’appartenance à une école
et à une communauté, la proximité des
défis des écoles et des communautés et,
enfin, la souplesse des grands encadrements.
Questions
soumises au débat
Question 1
À l’analyse de la situation de nos écoles
et des initiatives nouvelles engagées par les commissions
scolaires, quelles sont les transformations que l’on
doit apporter à l’école publique au regard
des besoins nouveaux des jeunes et de la société?
Question 2
Eu égard à l’importance de la mission
sociale des commissions scolaires et des impacts de celle-ci
sur la réussite des élèves et des familles,
quels sont, à votre avis, les nouveaux rôles
que doivent jouer les commissions scolaires dans le renouvellement
du concept d’école?
Question 3
Quelles conditions les commissions scolaires doivent-elles
mettre en œuvre pour rendre l’école plus
ouverte à sa collectivité et plus efficace quant
à sa mission?
Synthèse
des discussions des congressistes
Les discussions des congressistes ont permis de dégager
de grands constats :
- L'école remplace le parvis de l'église.
Elle devient un lieu de rencontre et d'échange pour
la communauté. Elle doit devenir un lieu d'accueil
intergénérationnel.
- L'école devrait faire appel aux outils disponibles
et aux ressources de la communauté, en commençant
par les parents. Elle devrait agir à titre de leader
pour répondre efficacement aux besoins et définir
son projet éducatif avec la communauté. Elle
devrait avoir la préoccupation de répondre
non seulement aux besoins des enfants, mais également
à ceux des familles, car la réussite des enfants
dépend de la réussite des familles.
- Les commissions scolaires doivent développer une
culture d'ouverture et éviter les silos. Elles doivent
utiliser leur avantage politique pour développer
des partenariats avec les organismes locaux liés,
notamment, à la santé et aux services sociaux.
Elles pourraient devenir des chefs d'orchestre qui assureraient
un continuum d'intervention dans les écoles. Cette
approche leur permettrait notamment de partager leur mission
et leurs difficultés avec toutes les ressources disponibles
dans leur milieu. Cette approche intégrée
favoriserait une cohérence d'intervention auprès
des élèves qui sont parfois suivis par plusieurs
intervenants de différents organismes locaux. Cette
approche permettrait également de mettre les enfants
au cur de nos interventions en minimisant les débats
de structure.
- Les congressistes ont trouvé important de souligner
qu'il faut recentrer nos actions sur les enfants. Ainsi,
il faut en venir à établir graduellement les
conditions qui favorisent l'implantation de l'école
communautaire telles que l'assouplissement des conventions
collectives, la division des bassins de recrutement respectant
les communautés, le développement d'une culture
d'ouverture par la commission scolaire, une identification
des critères d'embauche des directions d'école
et leur formation, la décentralisation vers les écoles
et l'existence d'une communauté dans l'école.
- Il existe plusieurs initiatives intéressantes dans
notre réseau. Il est impératif de favoriser
la diffusion de l'information afin de mieux les connaître
et de partager les ressources, car des outils peuvent être
facilement récupérables par d'autres milieux.
Cependant, compte tenu de la lourdeur de la tâche
des directions d'école et du manque de formation
à cet effet, les congressistes ont précisé
qu'il est important que les efforts de promotion soient
réalisés par des ressources formées
en communication en provenance des commissions scolaires.
Dans cette optique, il serait également important
de rendre publics les bons coups de l'école afin
de créer un sentiment d'appartenance des communautés
à leur endroit.
- La commission scolaire doit développer une vision
et un leadership significatifs dans la mise en place de
partenariats visant la réussite des élèves.
Elles doivent faire preuve de souplesse, engager des processus,
faire tomber des encadrements et aller au-delà de
la simple location de locaux. En cette matière, les
commissaires sont spécifiquement interpellés,
car leur rôle politique est un pivot de l'école
communautaire.
- Lorsque l'on travaille en partenariat avec la communauté,
il faut être prêt à accueillir ses partenaires
et à partager avec eux à la fois les problématiques
mais également les succès.
- L'école communautaire ne se restreint pas à
l'école de quartier. Les centres d'éducation
des adultes et de formation professionnelle doivent également
développer des partenariats avec leurs partenaires
tels les employeurs et les organismes dédiés
à l'emploi.
Documents
complémentaires
Voici quelques documents qui pourront enrichir votre réflexion.
L'école
communautaire, un carrefour pour la réussite des jeunes
et le développement de la communauté
Rapport de l'équipe de travail sur le développement
de l'école communautaire (juillet 2005)
Quel avenir pour nos écoles?
Centre pour la recherche et l'innovation dans l'enseignement
de l'Organisation de coopération et développement
économique (OCDE) (2001)
En vente sur le site
de l'OCDE au coût de 19 $.
Préparer
les jeunes au XXIe siècle (Rapport Corbo)
Groupe de travail sur les profils de formation au primaire
et au secondaire (juin 1994)
Un Québec fou de ses enfants (Rapport Bouchard)
Ministère de la santé et des services sociaux.
Groupe de travail pour les jeunes. Québec, 180 pp.1991
En vente sur le site des Publications
du Québec
Les
services éducatifs complémentaires essentiels
à la réussite
Nouveau cadre de référence pour l'organisation
des services complémentaires (2002)
Mémoire
Groupe de travail sur le maintien de l'école de village
(janvier 2003)
Agir
autrement
Stratégie d'intervention visant plus de 100 000 élèves
du secondaire en milieu défavorisé (mai 2002)
L'école
éloignée en réseau
Rapport final de recherche du CEFRIO, p. 126 à 129
(juin 2004)
Les
collaborations école-communauté au Québec
: Une perspective de développement local au moyen de
quatre études de cas
Rapport rédigé par M. Paul Prévost et
portant sur les liens école-communauté dans
le cadre du projet École éloignée
en réseau (février 2004)
La
réussite à l'école montréalaise
: une urgence pour la société québécoise
Avis du Conseil supérieur de l'éducation (février
1996)
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