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Allocution du président de la FCSQ, M. André Caron, qui trace son bilan de carrière et dévoile le Bilan des assises régionales sur la persévérance scolaire en conférence de presse
Montréal, le 28 mai 2009
Bonjour Mesdames et Messieurs,
Depuis plusieurs mois, le dossier de la persévérance scolaire occupe une place importante dans l’actualité québécoise. À la Fédération des commissions scolaires du Québec, il s’agit plutôt d’une préoccupation de longue date qui se situe à la base de nos priorités.
Je peux vous affirmer que dans tous les plans stratégiques des commissions scolaires du Québec se trouve une orientation commune, soit « la réussite de l’élève ». Celle-ci se traduit à travers une diversité de priorités établies en fonction des réalités présentes dans chaque milieu.
Au cours des derniers mois, les commissions scolaires se sont mobilisées afin de tenir dans chaque région du Québec des assises régionales sur la persévérance scolaire ou encore d’autres types d’activités ayant comme objectif d’augmenter la diplomation et la qualification des élèves.
La réussite de l’élève étant influencé par les conditions de vie de la famille et la situation économique et sociale de la communauté, divers partenaires ont donc été associés aux activités réalisées à travers le Québec. Nous sommes convaincus que l’amélioration de la situation en matière de persévérance scolaire est largement tributaire d’un engagement collectif où les compétences de chacune et chacun seront mises à contribution.
L’objectif des activités réalisées partout en province était de permettre aux commissions scolaires, à leurs établissements, aux différentes instances régionales et aux partenaires associés au dossier de la persévérance scolaire d’exposer la situation qui prévaut dans leur milieu. L’accent a notamment été mis sur les projets ayant contribué à améliorer la situation de la persévérance scolaire sur le territoire des diverses commissions scolaires.
Les assises ont aussi rappelé l’importance de donner aux commissions scolaires les ressources nécessaires leur permettant de soutenir et d’accompagner les établissements dans la réalisation de leur mission.
Nous sommes fort optimistes quant aux répercussions directes que ces assises auront sur les milieux et, surtout, sur le devenir de nos élèves jeunes et adultes.
Après avoir pris connaissance des bilans présentés par les régions, la Fédération a produit deux documents dont le contenu témoigne du leadership éducatif incontournable des commissions scolaires sur leur territoire.
Le premier document fait état des activités menées au cours des derniers mois et brosse un portrait des caractéristiques de chacune des régions. Ce document contient divers constats qui seront à la base des recommandations qui seront faites à l’assemblée générale des délégués de la Fédération demain et samedi.
Le second document présente 131 projets qui s’adressent aux clientèles du préscolaire, du primaire, du secondaire, de la formation professionnelle, de l’éducation des adultes, de même qu’aux parents, à la population en général et aux employeurs.
Nous avons fait plusieurs constats concernant l’élève qui décroche ainsi que les éléments qui peuvent l’influencer en ce sens. À la lumière de l’information présente dans ces deux documents, nous constatons la pluralité des services offerts dans les établissements des divers ordres d’enseignement, l’expertise et les compétences des ressources humaines ainsi que la polyvalence existante dans l’offre de service des établissements du réseau public d’éducation.
On le constate, l’école publique doit continuellement s’adapter à des situations de plus en plus complexes. Ce contexte crée des défis considérables pour les commissions scolaires qui doivent soutenir leurs établissements dans la prise en charge de leur projet éducatif et assurer une qualité équivalente de services éducatifs d’un milieu à l’autre, par l’établissement d’un plan stratégique et l’application de principes et de règles équitables de distribution des ressources.
S’appuyant sur la mission des commissions scolaires et le bilan des assises régionales sur la persévérance scolaire, les délégués à l’assemblée générale de la Fédération des commissions scolaires du Québec se prononceront ce samedi sur un projet de résolution visant la réussite du plus grand nombre d’élèves.
Ce projet de résolution prévoit demander au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport d’analyser les constats présents dans le bilan des assises régionales afin :
- d’une part, d’établir, en concertation avec le réseau des commissions scolaires, un plan d’action dans le but de hausser le taux de réussite des élèves;
- et d’autre part, de mettre en place, dans les meilleurs délais, un plan de valorisation de l’école publique, de la persévérance et de la réussite scolaires.
Je termine en rappelant que c’est dans un délai très court que les commissions scolaires se sont mobilisées autour de cet enjeu important qu’est la persévérance scolaire afin de donner suite à la recommandation du conseil général de la Fédération faite en octobre dernier et invitant les régions du Québec à tenir des assises régionales. Des assises qui ont réaffirmé que des gestes extraordinaires sont posés au quotidien dans le réseau scolaire public pour aider les jeunes à réussir là où plusieurs leur avaient pourtant prédit l’échec. La Fédération des commissions scolaires s’engage à aider les commissions scolaires à garder le plus grand nombre d’élèves jeunes et adultes à l’école.
Bilan des 11 années à la présidence de la FCSQ
Cela étant dit, vous me permettrez de profiter de cette conférence de presse pour tracer le bilan de mes onze années à la présidence de la Fédération des commissions scolaires du Québec.
Mon engagement dans le système public d’éducation a débuté en 1979 dans les comités d’école, alors que mes filles étaient au primaire. Mes objectifs étaient alors de bien les soutenir, de mieux comprendre le système d’éducation et les programmes et d’améliorer le sort de tous les élèves.
Quelques mois plus tard, j’étais élu commissaire. Puis, en 1982, je devenais le président de la Commission scolaire Des Ilets, au nord de Québec. J’ai occupé ce poste pendant 16 ans. En 1989, j’ai accédé au conseil d’administration de la Fédération des commissions scolaires du Québec. J’en suis devenu le vice-président 5 ans plus tard.
En 1998, au moment où les commissions scolaires linguistiques sont mises sur pied, soit le 1er juillet de cette année historique, je deviens président de la Fédération.
Pendant mes onze années à la présidence, j’ai défendu bec et ongles l’importance des commissions scolaires en tant que gouvernements locaux qui voient, partout au Québec, à assurer la qualité de l’éducation offerte aux adultes comme aux jeunes dans nos établissements. J’ai aussi parcouru la province afin de défendre les intérêts des élèves et des commissions scolaires auprès de divers intervenants de premier plan et aussi auprès des ministres de l’Éducation qui se sont succédé. Tout au long de ma carrière, c’est l’intérêt des élèves qui fut ma principale motivation en politique scolaire. À cette cause s’ajoutent celles de la défense des commissions scolaires et de la démocratie scolaire, auxquelles je crois plus que jamais.
Au cours de ces années, il y a eu des écueils certes, mais beaucoup de réussites. Je suis notamment très fier d’avoir contribué à amener le gouvernement, à la fin des années 90, à réinvestir en éducation, que ce soit notamment pour l’achat de manuels scolaires, l’ajout de professionnels en soutien aux élèves handicapés ou en difficulté dans le cadre de la dernière ronde de négociation, le développement d’activités parascolaires avec les 60 M$ que la Fédération a obtenu du Fonds jeunesse, et enfin, l’ajout de ressources pour le maintien des petites écoles dans la foulée des travaux menés par le Comité Caron-Proulx.
Par ailleurs, la mise en place de la réforme de l’éducation et le développement des services de garde en milieu scolaire, la création de la table de concertation avec les partenaires du réseau de l’éducation, la mise en place de la Table Québec-commissions scolaires en 2006, la contribution importante apportée au Forum sur la démocratie et la gouvernance des commissions scolaires, les combats réguliers pour le financement adéquat de l’école publique et la valorisation de celle-ci sont autant de réalisations dont je suis fier.
Je me réjouis également de la plus grande reconnaissance des gouvernements locaux scolaires conférée par l’adoption du projet de loi no 88 qui reconnaît à la commission scolaire et aux élus scolaires davantage de responsabilités au chapitre de la gouvernance et de la reddition de comptes. La Fédération a réalisé des gains majeurs dans le débat sur l’avenir des commissions scolaires. Je souhaite que dans le meilleur intérêt des citoyens et de la démocratie locale, nous puissions enfin tenir au Québec des élections simultanées scolaires et municipales comme dans plusieurs autres provinces canadiennes.
Je ne pourrais tracer mon bilan de carrière sans souligner l’engagement exceptionnel des élus scolaires partout au Québec, qui investissent temps et énergie pour développer notre système public d’éducation en fonction des besoins et des attentes des milieux. Les élus scolaires sont la voix des citoyens en éducation. Il faut préserver et développer davantage cet acquis démocratique que beaucoup de sociétés nous envient.
Vous connaissez très bien mes positions pour la défense de la démocratie scolaire et la valorisation de la formation professionnelle, de même que mon opposition totale aux palmarès des écoles qui nuisent au développement de l’école publique et démoralisent les équipes-écoles. Je réitère aujourd’hui qu’il faut que cessent les débats stériles pour s’attaquer en priorité, avec tous les acteurs sociaux à la persévérance scolaire.
En conclusion, j’estime avoir tout fait pour assurer le développement de l’école publique et de la démocratie scolaire. Je profite toutefois de cette dernière rencontre avec les représentants des médias pour lancer un cri du cœur pour la valorisation de l’école publique.
Je me suis impliqué intensément en politique scolaire pour une simple et unique raison : l’épanouissement et la réussite de tous les élèves dans une école accueillante et ouverte à tous, quelles que soient leur capacité et leurs conditions socioéconomiques. Aujourd’hui, je souhaite ardemment que la société québécoise appuie davantage l’action des commissions scolaires et des écoles pour valoriser notre système public d’éducation qui est injustement évalué lorsqu’on connaît ses grandes réussites et le dévouement incroyable des divers intervenants et particulièrement nos enseignants.
Vous me permettrez enfin de vous remercier, représentants et représentantes des médias, vous avec qui j’ai eu plus d’un millier d’échanges au cours des 11 dernières années. Malgré la complexité et le haut niveau de risque de certains dossiers, j’ai grandement apprécié le professionnalisme et la courtoisie dont vous avez fait montre à mon égard. Merci.
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