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Allocution de la présidente de la FCSQ, Mme Josée Bouchard
Rencontre des partenaires en éducation portant sur l’intégration des élèves handicapés ou en difficulté
Québec, le 25 octobre 2010
Madame la Ministre,
Mesdames, Messieurs les partenaires,
Bonjour,
La position que je vous présente aujourd’hui est le fruit du travail et de l’expertise de l’ensemble des commissions scolaires que je représente, dont plusieurs ont pris l’initiative d’acheminer leur opinion à la Fédération des commissions scolaires du Québec, pour faire connaître leur réalité en matière d’intégration d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, et proposer des solutions qu’elles ont élaborées en collaboration avec leurs partenaires.
La Fédération des commissions scolaires du Québec adhère au principe voulant que l’intégration d’un élève handicapé ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage dans un groupe ordinaire constitue une norme d’application générale, mais non une finalité. C’est l’évaluation de la situation d’un élève qui doit déterminer si l’intégration rejoint son meilleur intérêt et si elle est possible dans les circonstances.
L’élève doit donc faire l’objet d’une évaluation dont le but est de déterminer ses besoins et l’étendue de ses capacités. Cette évaluation doit être adaptée au handicap et à l’élève en tant que personne pour qu’il en découle un véritable portrait dépeignant ses forces, mais également ses faiblesses. Cette évaluation personnalisée doit porter autant sur les capacités scolaires que sociales de l’élève.
Face aux difficultés rencontrées avec la politique d’adaptation scolaire, il apparaît essentiel que tous aient une compréhension commune de la notion de « contrainte excessive », afin de mieux orienter les choix que font les commissions scolaires dans l’attribution des ressources.
Il faut aussi en arriver à une compréhension commune de l’expression « ne porte pas atteinte de façon importante aux droits des autres élèves ». Car cette préoccupation rejoint le cœur de la mission de l’école publique : offrir les meilleurs services possible à tous les élèves et leurs parents.
Les élus scolaires du Québec que je représente rappellent également au gouvernement qu’il est nécessaire de prendre en considération que la réalité est fort différente d’une commission scolaire à une autre et que les décisions qui découleront de cette rencontre devront tenir compte des réalités de chacune, qu’elles soient en milieu rural ou en milieu urbain. On ne peut prétendre vouloir imposer la même solution avec succès à la région de Montréal, un milieu fortement urbanisé, qui se distingue par le nombre important d’élèves en difficulté, par la défavorisation économique et sociale, par un pourcentage élevé d’élèves issus de l’immigration, ainsi que par la présence de nombreuses écoles privées, à une région comme la Côte-Nord par exemple, vivant plutôt une situation d’étendue du territoire et d’une baisse démographique. Concernant l’accueil des élèves issus de l’immigration cependant, je tiens à vous signaler que nous estimons qu’avec l’évolution actuelle des choses, cela sera de moins en moins une problématique particulière à la grande région montréalaise.
En terminant, la Fédération des commissions scolaires du Québec croit que les éléments suivants doivent aussi être pris en considération afin d’assurer la réussite de l’intégration des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage : la formation et la stabilité du personnel scolaire, la qualité et le suivi accordé au plan d’intervention, la composition des groupes, et le cadre financier en soutien aux solutions mises de l’avant. Bien sûr, les commissions scolaires offrent toute leur collaboration pour améliorer les pratiques qui les concernent. De plus, la Fédération considère qu’il est primordial de revoir l’Entente de complémentarité MSSS-MELS afin d’établir une réelle collaboration entre les deux réseaux dans toutes les régions du Québec.
Bien que cette rencontre soit une première, il ne faut pas que nos échanges s’arrêtent ici. Nous suggérons donc que les travaux se poursuivent afin d’en arriver à des solutions concrètes le plus rapidement possible, et ce, dans le meilleur intérêt de tous les élèves et leurs parents.
Merci. |