Abolition des commissions scolaires : fin de l’égalité des chances en éducation
Québec, le 7 octobre 2009 - La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) ne peut passer sous silence les déclarations non fondées contenues dans une lettre d’opinion publiée hier dans La Presse sous le titre « Éliminons les commissions scolaires ».
Le manque de sérieux des propos est établi dès le début du texte alors que les auteurs affirment que la gouvernance en matière d’éducation au Québec est trop peu souvent remise en question. La gouvernance de l’enseignement primaire et secondaire vient justement de faire l’objet d’une étude détaillée en commission parlementaire dans le cadre du projet de loi 88, maintenant adopté par l’Assemblée nationale. La raison d’être, la mission, le fonctionnement et les responsabilités des commissions scolaires ont alors fait l’objet d’un large débat public, durant lequel les commissions scolaires ont reçu l’appui de plusieurs partenaires, notamment des syndicats d’enseignants qui craignent plutôt que le rôle accru de l’État en éducation vienne alourdir le fonctionnement des écoles.
Quant à l’argument voulant que l’existence même des commissions scolaires relève du gaspillage, il ne tient pas la route. Selon les données les plus récentes publiées par le gouvernement, la part des coûts de gestion des commissions scolaires représente 4,9 % et ils sont les plus bas des secteurs public et parapublic. Rappelons que le financement des commissions scolaires s’accompagne de responsabilités très importantes, notamment l’organisation des services éducatifs, l’organisation du transport scolaire, la négociation et l’application des conventions collectives, l’entretien et la rénovation des immeubles, l’acquisition de matériel et la gestion du réseau informatique. Les écoles ne peuvent s’acquitter de tout cela sans une augmentation de coût évidente puisque les économies d’échelle effectuées par les commissions scolaires ne pourraient se réaliser. De plus, confier ces responsabilités à l’école aurait pour effet de dévier l’école de sa mission première soit instruire, socialiser, qualifier.
Les commissions scolaires sont souvent des acteurs importants du développement économique d’une région et exercent un leadership incontestable dans la défense de l’école publique comme l’ont démontré la tenue d’assises régionales sur la persévérance scolaire et les nombreuses actions de la FCSQ pour demander un financement adéquat de l’école publique et l’abolition du financement public des écoles privées par exemple.
Les commissions scolaires sont un gouvernement local qui s’assure de la bonne gestion financière et de la répartition équitable des ressources entre les établissements en plus de permettre aux parents et aux citoyens d’influencer la qualité des services offerts en éducation et les décisions quant à l’éducation et aux valeurs transmises à leurs enfants.
Au moment où l’éducation publique au Québec est dévalorisée, a-t-on les moyens de se passer des commissions scolaires dont la mission première est de promouvoir l’éducation publique et d’assurer l’égalité des chances pour tous en éducation ? La réponse est non !
Josée Bouchard Présidente Fédération des commissions scolaires du Québec
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Source : Caroline Lemieux Attachée de presse La Fédération des commissions scolaires du Québec Tél. : 418 651-3220
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