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41e congrès de la FCSQ
Allocution d’ouverture de la présidente,
Mme Micheline Patenaude-Fortin
Cher(e)s invité(e)s,
Cher(e)s collègues,
Mesdames et Messieurs,
Montréal, le 31 mai 2001 - C’est pour moi un grand
honneur et un très beau défi de présider le 41e
congrès de la Fédération des commissions scolaires du Québec sur le
thème de la démocratie scolaire.
Mais, avant d’aller plus loin sur le thème de notre
congrès, je voudrais, d’entrée de jeu, remercier tous les membres du
comité du congrès pour m’avoir épaulée aussi efficacement. J’aurai l’occasion
d’y revenir à la clôture du congrès, mais d’ores et déjà, vous avez
eu l’occasion d’entendre M. Caron qui siège au comité et vous
entendrez, dans quelques instants, Mme Diane Bernard-Riberdy, présidente de
la Commission scolaire des Samares, qui a été désignée au comité du
congrès par le conseil général de la Fédération.
Je veux remercier aussi nos commanditaires pour leur support
financier qui contribue à nous offrir un évènement de grande qualité. Je
veux plus particulièrement dire merci à nos commanditaires
partenaires :
-
Bell
-
Desjardins
-
Emploi Québec
ainsi qu’à nos commanditaires majeurs :
-
la société GRICS
-
la Société d’avocats Pothier, Delisle
-
le Cabinet d’avocats Lavery, De Billy.
Lorsque nous avons pris la décision, il y a près d’un
an, de faire de la démocratie scolaire le thème du présent congrès, nous
étions alors loin de penser que celui-ci s’inscrirait autant dans l’actualité.
En effet, depuis le début de l’année, il n’y a
probablement pas eu une semaine où la démocratie n’a pas fait l’objet
de manchettes. Pensons au Sommet des Amériques a laissé sa trace dans tous
les sens du terme; aux déclarations du président de l’Assemblée
nationale qui n’ont pas manqué d’attirer notre attention et notre
réflexion; puis, aux régies régionales de la santé qui sont remises en
question.
La démocratie représentative
Enfin, il y a les élections scolaires qui sont à l’agenda.
Mais, qu’est-ce au juste, la démocratie scolaire? C’est d’abord nous,
les commissaires d’écoles. Nous sommes 1 305 à nous faire élire au
suffrage universel pour occuper cette noble et belle fonction de
commissaires d’écoles. C’est ce qu’on appelle la "démocratie
représentative".
Ce concept de démocratie représentative peut également
englober l’élection de membres d’organismes élus par leurs pairs. Dans
notre réseau scolaire, ce type de représentation revêt une importance
significative puisque c’est sous cette forme que sont élus les membres de
nos conseils d’établissement (enseignants, parents, professionnels). On
parle ici d’au moins 20 000 personnes qui sont élues par leurs pairs.
C’est tout ça la démocratie scolaire. Une démocratie
unique ! Au plan de la représentation, c’est plus que le réseau
municipal avec ses 9 300 élu(e)s et encore plus que l’Assemblée
nationale avec ses 125 députés !
Mais, la démocratie scolaire, ça ne s’arrête pas
là ! En fait, là où la démocratie scolaire prend un sens qui n’a
pas son égal ailleurs, c’est dans sa nature participative.
La démocratie participative
La démocratie participative, c’est d’abord la
démocratie qui se vit à l’intérieur de chacune de nos écoles en
commençant par nos élèves. Quel que soit le nom que nous leur donnons,
comité d’élèves, conseil étudiant, association…, nous avons dans nos
murs les mécanismes idéaux qui permettent à nos élèves de s’initier
à la démocratie et de se faire entendre sur différents sujets qui les
concernent plus directement, tels que le projet éducatif de leur école, la
réussite scolaire, les activités et la bonne marche de l’école...
La démocratie participative au sein des commissions
scolaires, ça veut également dire les nombreux parents qui siègent à l’un
ou à l’autre des comités de chacune des commissions scolaires, tels
que le comité de parents, le comité de transport, le comité consultatif
des services aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage...
Et ce, sans compter toutes les personnes qui interviennent au sein des
nouveaux organismes de participation des parents institués dans nos
écoles.
La démocratie participative, ça veut dire aussi l’ouverture
de nos établissements à la communauté par la participation de milliers de
représentantes et de représentants qui siègent aux conseils d’établissement.
Une autre facette de la démocratie participative
scolaire : dans notre réseau public, il est extrêmement rare que des
personnes soient nommées, je m’explique ! Dans notre réseau
scolaire, on parle presque toujours de personnes élues, soit au suffrage
universel, ou soit par leurs pairs.
Dans le monde municipal, comme dans les paliers de
gouvernements supérieurs, si on exclut les maires, mairesses,
conseillères, conseillers et députés, généralement on n’élit pas les
membres des comités : on les nomme !
La démocratie participative est aussi une caractéristique
d’un gouvernement qui consulte et qui fait participer la population au
processus décisionnel.
Nulle part ailleurs, cette caractéristique de la
démocratie n’est autant vécue qu’au sein des commissions scolaires.
Pensons à toutes les tribunes et à tous les sujets où la population est
invitée à se faire entendre et ce, tant au niveau de la commission
scolaire qu’au niveau des conseils d’établissement !
Malheureusement, les analystes ont tendance à n’évaluer
le degré de démocratie qu’à partir du taux de participation aux
élections qui, soit dit en passant, peut se comparer avec d’autres
paliers de gouvernement comme nous le constaterons au cours de ce congrès.
En somme, la démocratie scolaire et l’élection au
suffrage universel des commissaires constituent des acquis importants pour
la société. Ces acquis existent depuis 150 ans au Québec et la
population veut les maintenir !
La population donne son appui à la démocratie scolaire
C’est d’ailleurs le message sans équivoque que la
population nous a envoyé lors d’un récent sondage effectué par la firme
Léger Marketing pour le compte de la Fédération des commissions scolaires
du Québec. Ce sondage, vous l’avez d’ailleurs dans votre documentation.
Il en ressort très clairement que la population manifeste
un taux de satisfaction supérieur à l’égard des commissions scolaires
qu’à celui accordé aux gouvernements provincial et fédéral. À ce
sujet, il est intéressant de constater que le taux de satisfaction à l’endroit
des commissions scolaires suit celui manifesté à l’égard des
municipalités. Et c’est peu dire, si l’on considère que le
gouvernement municipal gère des territoires beaucoup plus restreints et
offrent des services dont les impacts immédiats sont plus
"palpables" !
De plus, toujours selon ce sondage, la population accorde
une grande confiance aux commissions scolaires et elle est même fortement d’accord
à donner plus d’autonomie au réseau scolaire.
Ce sondage nous encourage à continuer et à nous impliquer
davantage car même si la population nous dit qu’elle nous aime, il y a
sûrement place pour l’amélioration.
Que ce soit en tant que commission scolaire ou en tant que
commissaires, nous avons encore des devoirs à faire. Nous devons prendre
notre place de plus en plus dans notre communauté. Comment voulons-nous que
la population participe davantage aux élections scolaires si on ne nous
connaît pas, si on ne connaît pas les services rendus par la commission
scolaire ? À cette question, plusieurs avenues ou solutions peuvent
être envisagées.
Nous allons devoir, comme présidentes et présidents, comme
commissaires et comme gestionnaires, développer davantage le réflexe de
nous donner une vision des services que nous voulons ou que nous devons
offrir à notre population.
Nous allons également devoir mieux faire connaître notre
mission, notre vision, nos croyances, nos valeurs et les orientations qui
guident les actions et le développement de nos commissions scolaires et en
rendre compte à la population.
Nous devons être constamment à l’écoute des besoins de
nos milieu, être capables de bien cerner les enjeux qui les touchent de
près et, aussi, de bien les faire connaître. Voilà des conditions
essentielles qui permettront de valoriser davantage notre rôle d’élu(e)
scolaire et, par conséquent, de dynamiser encore plus la démocratie
scolaire.
L’objectif de ce 41e congrès de la Fédération des
commissions scolaires du Québec est justement d’explorer, ensemble,
différentes avenues ou solutions en vue d’améliorer notre démocratie
scolaire. À ce sujet, nous avons mis dans votre pochette trois documents en
vue d’alimenter votre réflexion ; il s’agit :
-
D’un document intitulé La démocratie scolaire,
une démocratie bien vivante !, lequel comprend également le
profil des commissaires d’écoles du Québec établi à partir des
renseignements que vous nous avez fournis, au cours des dernières
semaines. À ce sujet, permettez-moi de vous féliciter puisque
100 % des commissions scolaires ont participé à la consultation
et 83 % des commissaires ont répondu au sondage.
-
Comme je vous le disais, il y a quelques instants, vous
avez aussi dans votre documentation les résultats du sondage effectué
par la firme Léger Marketing sur l’efficacité de certaines
administrations publiques et sur le processus électoral scolaire.
-
Enfin, vous avez une revue de presse spéciale sur la
démocratie comprenant les principaux articles parus au cours des
derniers mois.
Dans quelques instants, notre premier invité de prestige,
M. Claude Ryan, nous entretiendra de l’importance de la démocratie
locale.
Demain, nous débuterons la journée par une mise en scène
de la troupe de théâtre Parminou dont la thématique portera sur le rôle
que la population attend des élu(e)s scolaires. C’est un spectacle
interactif où vous serez appelés à réagir.
Après cette présentation, une brochette d’une dizaine de
sujets traitant de différentes facettes de la démocratie scolaire vous
sera offerte en ateliers. Il s’agira là d’un moment privilégié pour
amorcer des réflexions sur des alternatives de solution en vue de renforcer
notre démocratie, de même que pour améliorer nos propres interventions,
comme commissaire, ainsi que celles de nos commissions scolaires.
Lors du dîner, un deuxième invité de marque, M. Luc
Lavoie, nous entretiendra sur un volet important de notre vie comme
commissaire, et que nous sommes souvent portés à négliger, à savoir le
marketing politique. Faire la promotion des services de nos commissions
scolaires et de nos actions politiques constitue, selon le sondage que j’ai
mentionné plus tôt, un des facteurs considérés comme les plus
déterminants dans la décision de la population d’aller voter.
Dans l’après-midi, ce sera au tour de M. Pierre
Maisonneuve d’animer un forum sur comment favoriser la participation à la
vie démocratique scolaire. Avec la qualité des personnes invitées qui
participeront à ce forum, c’est à ne pas manquer!
Enfin, pour clore la journée, M. Jean-Marc Chaput saura
certes stimuler nos sens et notre perception concernant notre rôle d’élu(e)
et la démocratie scolaire.
Je vous convie donc à ouvrir grandes vos oreilles et à
faire entendre vos voix pour alimenter la réflexion et faire de ce congrès
une bougie de démarrage pour que toutes et tous, individuellement et
ensemble, nous fassions entendre la force de nos voix.
Je vous remercie de votre écoute Je vous souhaite un
excellent congrès et une excellente soirée.
Autres documents de presse concernant le congrès de la FCSQ:
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